Anaëlle, esclave de Maître Phénix, Carnet intime d'une Soumise

mercredi 27 septembre 2017

Les marques... de l'incompréhension à la fierté



Une envie de vous parler de ce sujet qui me trotte dans la tête depuis plusieurs semaines : les marques. Pas celles qui laissent une signature indélébile, un marquage au fer, un tatouage mais simplement de ces meurtrissures éphémères laissées sur le corps par le Maître.

Ma vision de celles-ci a beaucoup évolué depuis le début de notre relation et afin d'être totalement honnête avec moi-même mais aussi avec vous, il me faut tout d'abord évoquer ce qu'elles représentaient pour moi il y a quelques temps.

A vrai dire, sans jugement, quelque chose chose m'échappait. Je ne comprenais pas cette exposition de fesses violacées par une soumise ou un Maître (d'ailleurs je tiens à préciser que nous ne sommes pas égales devant ces couleurs, certaines soumises marquent facilement et d'autres non, les couleurs à elles seules ne suffisent donc pas à plonger dans l'intimité et l'intensité d'une séance).

Il me manquait le contexte, il n'y avait pas d'histoire, pas de lien, juste un moment figé, des fesses aux couleurs de l'arc-en-ciel que l'on expose comme un trophée, je n'en comprenais pas le sens.

J'avais l'impression que la "qualité" de la soumise se résumait à ça comme si cela la rendait meilleure car elle supportait beaucoup, j'avais la même impression du côté du Maître, pensait-il que cela faisait de lui un meilleur Maître ?

Décidément je n'avais pas la même vision des choses et pour moi la soumission se jouait d'abord à l'intérieur : le respect, le dévouement, l'obéissance, l'abandon...

Il m'a fallu du temps pour comprendre... jusqu'à ressentir moi même cette envie de porter Ses marques, ces traces éphémères qui me rappellent à Lui.

Le souvenir d'une séance, de notre complicité, ce besoin de le sentir dans ma chair, de me sentir toute à Lui, le plaisir de les contempler devant le miroir... ses griffes rouges sur mon dos, mon cul rougi par le martinet, les lignes violacées si nettes du fouet... le contact charnel de mes doigts effleurant la chair gonflée de mes cuisses.

Chaque instrument laisse sa propre empreinte et mon corps n'est autre que l'illustration partielle de notre partage.

Il m'arrive souvent de regretter l'absence de marques, mon cul rougi qui retrouve  trop vite sa couleur... et dans ces moments il n'y a qu'un mot, la déception.

Je ne sais pas si c'est mon envie de découverte de douleur qui me pousse à les aimer. Cette découverte devenue une nécessité, je veux voir jusqu'où je peux aller, je veux céder, m'offrir à Lui pleinement.

Je me sens incomplète et je sais ce qu'il me manque.

Je sais que je ne suis pas encore prête à avoir une partie du corps totalement violacée ou noire, non, physiquement je n'en suis pas là, j'en suis très loin même si les barrières sont tombées au niveau mental, je sais que je ne suis pas (encore) assez résistante pour cela.

Ce n’est pas un concours, peut être que je ne le serai jamais, je doute même que mon Maître m'amène un jour aussi si loin, cela se joue entre Lui et moi mais une chose est sûre c'est que je suis fière de porter Sa marque.

Quelques précisions s'imposent : je ne cautionne en aucun cas les violences conjugales.

Je ne ressens aucune violence ou de méchanceté dans nos échanges, le Maître n’est pas un bourreau, il respecte sa soumise/son esclave, il s'agit d'un consentement mutuel où chacun apporte à l'autre et il y a toujours la possibilité de tout arrêter à l'aide des mots d'alerte.

mardi 5 septembre 2017

Retrouver ma place...


Hier c'était la reprise, pour les enfants, oui, mais pas seulement. Mon Maître avait posé sa journée et après avoir amené notre enfant à l'école il m'a demandé si j'étais prête.

J'ai accueilli la nouvelle avec un immense sourire aux lèvres et beaucoup d'impatience. Une demi- heure après j'étais agenouillée dans une semi-obscurité, le volet étant presque entièrement fermé, la lumière des bougies ondulant au rythme de notre playlist, simplement vêtue d'un string rouge, couleur choisie par mon Maître (le manque de temps m'ayant contrainte à abandonner l'idée de retrouver le soutien gorge assorti).

Je n'étais pas stressée bien au contraire, j'étais joyeuse, si heureuse de pouvoir retrouver ma place et reconnaissante de ce temps qu'il m'accordait.

La séance a été si riche en émotions qu'il m'est difficile d'en retrouver la chronologie, j'ai même quelques "trous noirs", je m'excuse donc par avance si mon récit est un peu décousu ou si mon Maître trouve que j'ai inversé ou oublié certaines choses. J'avais simplement décidé de profiter de ce moment à deux en me laissant aller sans essayer d'en mémoriser le déroulement.

Mon Maître est entré, je n'ai pas osé le regarder, j'ai gardé la tête baissée, je réalise maintenant que je ne me souviens même pas avoir vu ses pieds, peut-être avais-je les yeux fermés... Il a passé le bandeau de satin sur mes yeux puis m'a invité à me relever.

Une corde douce a été placée autour de mon cou. Amusée je lui dis qu'il s'agissait de la corde rouge, nous avons cinq couleurs de cordes mais seules deux sont douces et comme il m'avait demandé de porter du rouge... (d'ailleurs le seul sous vêtement que je portais a rapidement disparu)

A la manière dont les cordes épousaient mes courbes j'ai rapidement deviné que mon Maître réalisait un cordage que j’affectionne beaucoup, purement esthétique, mettant en valeur ma taille, me rendant à mes yeux plus belle et plus féminine. Puis il pinça mes seins avec des pinces et je m'amusais une fois de plus à deviner desquelles il s'agissait. Ce début des séance fut entrecoupé par mes remarques. Si j'aime la musique forte pendant les moments "intenses", je la préfère plus discrète à d'autres, mon Maître a ainsi du baisser et augmenter le volume deux fois à ma demande car je n'arrivais pas à plonger dans ma bulle.

Le fouet a paresseusement caressé ma peau, mon Maître m'a fait respirer son parfum, l'odeur du cuir avant de me demander de l'embrasser.

Il me demanda ensuite si rien ne me choquait ? Je lui répondis que non, qu'aurais-je dû remarquer ?

Il plaça la lourde chaîne autour de mon cou en me rappelant qu'il ne m'avait pas encore mis mon collier, celui que je porte durant nos séances et qu'aujourd'hui mon collier serait fait de chaîne. Il emprisonna donc d'abord mon cou avec cette lourde chaîne. Puis, avec la longueur restante  il emprisonna mes poignets à l'aide de mousquetons puis mes chevilles dans l'esprit d'une sirik avant d'attacher le reste à un crochet fixé à une poutre au dessus de moi.

Il m'inclina pour que je lui présente mes fesses et le martinet commença à les échauffer longuement. Pas un bruit, pas un gigotement, les coups me semblaient bien trop légers, presque ennuyeux, je ne dis cependant rien pensant que mon Maître savait mieux que moi ce dont j'avais besoin et que cet échauffement était nécessaire pour mieux supporter la suite.
Les lanières devinrent ensuite plus mordantes et enfin les premiers cris franchirent mes lèvres, mes fesses devaient avoir une jolie couleur rouge, je sentais leur chaleur.
Le paddle côté fourrure me parut incroyablement doux et j'ai beaucoup aimé ce contraste de sensations puis mon Maître le tourna côté cuir et bien qu'habituellement ce soit un objet facile à supporter les coups me firent gigoter, crier, je ne me souviens plus s'il a ensuite repris le martinet, je crois que oui,  je me souviens juste que mon Maître m'a permis d'avoir cette seconde pour redescendre lorsque la douleur devenait trop vive afin de me recentrer.

Après m'avoir détachée je me suis allongée sur le lit, soulagée d'avoir un moment de répit. J'ai par la suite regretté cette idée, peut-être fallait-il qu'il brise cette barrière qui me retient, cette frontière devant laquelle nous arrêtons par peur d'aller trop loin.

Mon Maître m'a mis dans les mains mon jouet, le body wand auquel je n'avais pas eu droit pendant les vacances.

- Tiens, voilà une récompense

- Je n'en ai pas besoin Maître

Je ne pensais pas la mériter, ça n'avait pas été si difficile que ça mais il n'a pas apprécié que je conteste, je me suis donc rangée à sa demande.

Je croyais qu'il allait me faire jouir dès les premières vibrations, ça faisait si longtemps que je ne l'avais pas utilisé mais non. Il vibrait mais ne me donnait pas autant de plaisir que je l' espérais. Agacée, je jouais avec la molette pour en augmenter l'intensité. Je pris surtout conscience que j'étais terriblement tendue et que je n'arrivais pas à me laisser aller. Petit à petit avec un brin de patience je me suis détendue jusqu'à ce qu'il me mène à l'orgasme.

Mon Maître l'a ensuite remplacé par le womanizer  juste à ce moment où on se dit que c'est trop sensible pour recommencer mais mes suppliques n'ont pas été entendues. Il commença d'abord par me caresser en me maintenant le jouet entre les jambes avant que je puisse le prendre moi-même en main. La "succion" alliée aux nouvelles cordes (me maintenant les jambes écartées) et aux doigts experts de mon Maître me firent chavirer. C'était délicieusement bon ! J'aime me sentir ainsi offerte à lui, complètement impudique, j'aime que ses doigts me fouillent en me disant à quel point je suis mouillée, qu'ils me dilatent et m'écartent davantage, oh que j'avais envie d'être "fistée" et sentir sa main entrer toute en moi mais mon Maître n'alla pas jusque là cette fois. Je me suis tordue de plaisir, criant et jouissant à plusieurs reprises.

Je me suis ensuite retournée pour me placer à quatre pattes sur le lit, le fouet est venu claquer mes fesses, une morsure aussi brève que vive. Un coup, un deuxième, je gesticulais déjà, essayant de me dérober en me déplaçant légèrement dans le lit. Il continua.. Je regrettais que les coups soient donnés avec tant de mordant, j'aurais préféré sentir un coup dur donné avec une partie plus large du fouet plutôt que cette extrémité sournoise qui sans bruit m'arrachait des cris.

La tête enfouie dans l'oreiller je tentais d'accepter cette douleur, de protéger avec mes bras mes seins sur lesquels le fouet venait parfois. Et puis j'ai enlevé cet oreiller, posant mon front contre le matelas, les bras tendus comme je le pouvais devant moi, sentant la contrainte de mes chaînes, la position d'une esclave se prosternant pour son Maître, voilà ce que ça représentait pour moi. Ce n’est pas grand chose et pourtant ça m'a grandement aidé, une petite phrase qui tourne en boucle ("être son esclave"), un changement d'état d'esprit et une meilleure acceptation de la douleur (sauf ce coup qui s'est égaré sur mon intimité, je doute que mon Maître ait intentionnellement visé mes petites lèvres et ça m'a beaucoup surprise).

J'ai entendu mon Maître déboutonner son jean regrettant qu'il ne me laisse pas le temps d'aller plus loin, je lui ai demandé de sentir le fouet, un coup plus dur, un coup qui claque avec une partie plus épaisse et il a accédé à ma demande en me donnant des impacts plus lourds.

Après s'être allongé sur le lit je  me suis mise à califourchon sur lui, une jambe de chaque côté sans avoir la possibilité de bien m'ajuster, mes pieds étant toujours maintenus par les chaînes, chaque mouvement tirait sur celle-ci et provoquait ainsi une douleur au dessus des chevilles. C'est un peu comme s'il s'agissait d'une corde tendue au maximum sur laquelle il faut tirer encore sauf que la chaîne ne bouge pas mais comprime les membres un peu plus à chaque mouvement.

J'étais "satisfaite" tout en pensant qu'il me manquait quelque chose. J'aurais aimé tout essayer, sentir les aiguilles ou n'importe quoi d'autre. J'avais eu énormément de plaisir mais je ressentais malgré tout un vide, un manque.

J'ai remué les hanches sur mon Maître et chose qui arrive rarement j'ai eu un nouvel orgasme ainsi. J'ai à nouveau profité du jouet seule et sur lui,  je suis devenue son objet de plaisir ou je suis simplement devenue plaisir.

Hyper sensible ou réceptive, j'ai hurlé mon plaisir... mon bandeau est tombé, j'ai plongé mon regard flouté dans le sien, mon Maître a tiré un peu sur mon bandeau, je rêvais qu'il me le resserre davantage autour de mon cou et sentir son étranglement et ça m'a à nouveau embrasée.

Ses mains ont tiré sur les miennes, écartant au maximum mes chaînes dans une douce douleur de plaisir. Nos mains se sont enlacées et tout mon corps s’est mis à trembler, ne plus rien contrôler, ne plus réfléchir, lui hurler encore mon plaisir. Jamais je n'avais tant joui avec Lui.

La séance s'est achevée, j'ai regagné ma place sur le sol, me prosternant devant lui pour le remercier.

Malgré mon coup de mou, j'ai pris conscience dès le début de la séance que je n'avais aucun mal à être à ma place, je ne me suis pas sentie moins soumise, j'étais à ma place, celle où je me sens bien.

Il m'a permis de me relever et nous sommes longuement regardés. Les yeux brillants, son regard était rempli d'émotion tandis que mes larmes roulaient sur mes joues en écoutant ses mots

- Et si notre vie ressemblait à ça... ça n'a pas de prix.

Ça ne veut peut être rien dire quand on le lit sans en comprendre le contexte mais ils résonnent en moi comme une promesse.