Anaëlle, esclave de Maître Phénix, Carnet intime d'une Soumise

dimanche 20 mai 2018

Un peu de shopping

Photo d'illustration, non personnelle

Je ne m'attendais pas à revenir sur mon blog si rapidement. Il y a quelques jours encore je me posais des questions sur la sérénité de notre relation, sur mon statut d'esclave... des questionnements qui trottaient dans ma tête depuis un moment déjà et qui ont été à l’origine de mon dernier article.
Un besoin d'écrire pour évacuer tout ce que je gardais en moi. Un soutien, un réconfort dans les commentaires et e-mails reçus, la présence d'une amie qui m’est très chère qui sait toujours trouver les mots justes pour me faire voir les choses différemment et qui m'a redonné espoir... Un grand merci à toutes pour votre amour, votre tendresse, votre présence qui m'ont extrêmement touchée. Cet article, ces échanges nous ont permis de discuter ouvertement. Ça n’est pas une tâche facile, certaines opinions divergent, Maître se demandait ce que je cherchais en mettant un peu trop en avant ce qui n'allait pas, j'ai vu dans ses yeux la curiosité, la colère, j'ai eu peur que tout explose et que cette discussion censée nous apaiser nous éloigne dans une grande incompréhension.  Mais Il a compris que mon but n'était que de tirer la sonnette d'alarme tant qu'il était encore temps.

Nous avons passé la matinée à l’extérieur,  Maître ayant pris soin de me passer mon large collier de séance et mes bracelets aux poignets sur le trajet. Il avait un rendez-vous professionnel durant lequel je l'ai sagement attendu dans la voiture. Il m'a ensuite déposée pour que j'aille faire un peu de shopping, seule, avant de me rejoindre. Je portais mon trench ouvert laissant clairement apparaître mon tour de cou en cuir orné de chaînettes. Je dois dire que le porter seule, sans Lui, m'a fait un peu bizarre. Nous sommes allés ensuite dans un autre magasin connu pour la qualité de ses fruits et légumes pour faire quelques courses. Il m'a demandé de m'agenouiller sur le parking, non loin de l'entrée pour fixer la laisse à l'anneau de mon collier.  Il  ne nous fallait pas grand chose, à la fin Il m'a demandé de choisir un légume. J'étais face au piment aussi Lui ai-je dit :

- Un piment ?
- A toi de voir.

Je me ravisais, consciente de ce qu'il pourrait en faire. Je ne savais pas quoi acheter, une courgette ? Trop classique selon lui.  J'attrapais au passage un sachet de carottes qui compléterait bien notre repas, et scrutais les rayons jusqu'à m'arrêter devant un concombre épineux,  plus court que son cousin plus connu, mais assez large et recouvert "d'épines", voilà qui suscitait mon intérêt. Je veillais à le choisir de bonne taille mais pas trop long non plus afin de le supporter.

- Trop petit ,choisis en un autre.

Le suivant n'eut pas plus de succès aux yeux de Maître et il en choisit un bien plus long et plus gros.


Nous sommes ensuite allés déjeuner au restaurant, placés dans un coin, je pris place sur la banquette. A ma droite, se trouvait un autre client, il n'y avait même pas l'espace d'une table entre nous,le restaurant étant bien rempli à l'heure du déjeuner. Maître n'avait pas pris la laisse mais je portais toujours mon collier et mes bracelets.

Maître se chargea de la commande pour nous deux. Puis au court du repas, il me demanda de passer la main sous mon haut et de me peloter (ah oui j'ai oublié de préciser que mon soutien-gorge retiré plus tôt dans une cabine d'essayage m'attendait dans la boîte à gant). Mon haut était assez ample, je tâchais de ne pas baisser la tête pour ne pas attirer l'attention sur ce que j'étais en train de faire. La serveuse revint avec nos boissons, Maître ne m'avait rien dit je ne pus donc enlever ma main qui était d'un coup bien moins assurée. Le client de la table à côté est parti, la serveuse a ramené l'addition, ses yeux ont désigné le sol. Je n'ai eu qu'un pas à faire pour glisser de la banquette au sol, à genoux, près de Lui jusqu'à ce qu'il m'intime l'ordre de me relever.

A notre sortie, nous avons à nouveau été dans un commerce, reliée de nouveau à Lui par ma laisse où Maître m'a acheté une écuelle, ma première ! A la sortie du magasin, il a passé ma laisse sur un plot, écuelle à la main, le temps de prendre une photo.

J'ai du me peloter sur le trajet du retour, inutile de dire combien j'étais excitée. Maître me dit de l'attendre, agenouillée dans notre chambre  à notre arrivée, en ne gardant que mon haut et le peu de sous-vêtements qu'il me restait.

La chambre était bercée par la lumière, le volet n'étant pas fermé, pas de musique, juste nous.  Il ne tarda pas à arriver, pieds nus, déposant devant moi, l'écuelle remplie d'eau.

- Bois, maintenant.

Je posais mes avant bras sur le parquet, fesses redressées et sortis ma langue pour laper l'eau, des clapotis, ma langue tentant d'imiter celle d'une chienne, en vain. J'avais beau remuer l'eau, je ne sentais que quelques gouttes dans ma bouche. Maître s'est installé derrière moi et la badine impacta mes fesses, dans un rythme rapide puis plus marqué.

- Tu la sentiras jusqu'à ce que tu aies fini ta gamelle.

Parti comme c'était parti, il me fallait trouver une solution. Nul doute que j'aurai besoin d'un long entraînement. Je penchais donc la tête dans l'écuelle pour tenter d'aspirer entre mes lèvres le liquide incolore, satisfaite de voir que ça fonctionnait, mais à mesure que l'eau diminuait, je n'arrivais plus à aspirer. L'écuelle était trop peu large pour y plonger correctement la tête, j'avais le menton, les joues mouillées tandis que mon cul rougissait sous la badine. J'étais si concentrée sur ma tâche que je ressentais peu la douleur. Enfin, je dis à Maître que j'avais terminé. Afin de vérifier Maître retourna l’écuelle au dessus de mon visage relevé vers Lui, laissant tomber le peu d'eau restante sur moi. Il félicita sa petite chienne.

Il me fit ensuite un bondage des seins, emprisonnant en même temps le haut de mes bras le long de mon corps, limitant ainsi mes mouvements.

J'eus droit à une récompense. Allongée sur le lit, Il mit dans mes mains un jouet, pas celui dont j'ai l'habitude, je peinais à trouver un rythme qui me convenait et quand l'orgasme fut imminent Il me le retira des mains, frustrée.

Un bandeau sur les yeux, Maître désinfecta me seins, avant de les transpercer avec les aiguilles, m'arrachant quelques cris comme IL avait utilisé les plus grosses et ma poitrine étant douloureuse en ce moment. Le jouet reprit place entre mes jambes, je sentis quelque chose me pénétrer avec une infinie douceur. Je ne savais pas de quoi il s'agissait, si c'était ses doigts, Il s'appliquait pour les passer délicatement en moi. Je dus reconnaître ce que c'était.. une carotte, puis Il continua, me donnant parfois des douleurs dans le ventre lorsqu'il en mis une deuxième.

Les carottes cédèrent la place au concombre. Maître s'en servit à la manière d'un gode, me félicitant de l'avoir quasiment entièrement englouti. Il me dit à quel point j'aimais ça, et comme le préservatif qui l'entourait était trempé, je dégoulinais de plaisir. Il me faisait mal parfois mais me donnait une envie d'encore. Il me retira le bandeau pour que je vois à quel point j'aimais ça, j'eus même le droit de le tenir en main moi-même tandis que tête renversée au bord du lit IL m'entraina à la gorge profonde, me faisant tousser et expulsant au passage ce que j'avais entre les jambes, quelle désagréable sensation.

Maître me dit à quel point Il aimait me dilater, Il reprit la main avant de retirer le légume pour se glisser à son tour dans mon antre trempé, écrasant son torse contre les aiguilles. Il mit ensuite ses doigts et me fit deviner combien Il en avait mis. Il me dit que j'aimerais certainement être fistée aujourd'hui, et me dilata encore davantage pour y rentrer tous ses doigts. Un mélange de plaisir d'être ainsi offerte et de douleur, je jouis autour de sa main, me contractant sur ses doigts. Ça me fit vivement ressentir la douleur ensuite d'être ainsi écartelée.

Il me fit terminer la séance debout, retenant mes mains attachées à une chaîne qui pendait du plafond au sol. Je pensais en avoir fini mais le martinet vint claquer ma peau, ce fut ensuite le tour du fouet, auquel je ne m'attendais pas, une douleur vive et acérée. Je ne sais pas si j'y étais préparée, je ne pensais pas qu'Il s'en servirait. La douleur fut difficile, je trépignais d'un pied sur l'autre, tentait de me dérober en tournant sur moi-même puis regagnais ma place. Les coups donnés avec l'extrémité ou parfois plus large marquaient mes fesses, mon dos, mes cuisses sans que je puisse les transformer en plaisir.

Il finit par me demander si j'en voulais encore et à ce moment là je ne pus m'empêcher de Lui dire non, regrettant à cet instant tant de franchise et me donnant l'impression d'avoir le choix. Il cessa en me disant qu'Il en avait assez. Je dus me placer à quatre pattes sur le lit comme je le pouvais, mes bras étant toujours attachés je ne pouvais prendre appui sur mes mains. Fesses relevées, Il me baisa en me disant combien mes fesses étaient chaudes grâce au fouet. Je l'entendis jouir dans un râle de plaisir, me demandant si mes fesses étaient si échauffées que je ne le sentais même pas déverser son plaisir sur ma peau. Il posa ensuite devant mon écuelle remplie de sa jouissance devant moi. Interloquée quelques secondes, je mis ma langue dans le précieux liquide avant qu'Il me dise que ça serait pour une prochaine fois.

Si tout ne s'arrange pas en un jour, Il m'a montré qu'Il m'avait entendue, comprise et c'est dans un mélange de plaisir et de douleur que je l'ai retrouvé.

Que ça fait du bien ! C’est un plaisir indescriptible que seules les personnes y ayant goûté peuvent comprendre.

Merci Maître pour ce temps passé ensemble, pour Votre présence, merci de me faire ressentir ma place mais aussi, si fortement, la Vôtre.

lundi 14 mai 2018

Perdue...


Plus d'un mois sans article, je ne pensais pas que ça faisait si longtemps. J'ai gardé notre dernière longue séance pour nous, c'était avant les vacances, un moment où je me suis remise à lui, presque nue, dans le jardin, bâillonnée, attachée, les yeux fermés derrière mon bandeau, essayant d'être la plus discrète possible sous les assauts du fouet pour ne pas attirer l'attention des voisins en cette journée ensoleillée. Ce partage m'avait fait du bien, il m'avait permis de retrouver ma place dans une période où mon ressenti est en dents de scie.

Bien que j'aie souhaité écrire ce blog en toute transparence, j'ai eu du mal à venir y poser des mots, c'est tellement plus facile de venir écrire à quel point "je me sens à Lui". Je n'avais pas envie de venir y livrer mes états d'âme, mes craintes, donner l'impression de me plaindre. Il me fallait du temps, seule, pour y réfléchir.

Je ne sais pas pourquoi aujourd'hui je me décide à tapoter sur mon clavier, est-ce parce que j'ai l'impression que cette période est derrière nous, ou parce que les doutes sont toujours là. Un besoin peut-être d'évacuer tout ça pour y voir plus clair mais aussi pour continuer à écrire ce blog comme je l'ai toujours fait, avec sincérité, loin des photos ou des écrits qui donnent souvent l'impression que tout est facile et tout rose ailleurs. Je veux livrer ici aussi les difficultés rencontrées.

Nous sommes très occupés en ce moment, des rendez-vous, des évènements auxquels il faut assister, des bobos à soigner, la vie professionnelle et ses contraintes auxquels s'ajoute cette future vie que nous étudions. Un tout qui laisse peu de temps, qui nous éloigne de nos places, je le sens moins présent, je comprends pourquoi, il se donne déjà à fond dans tout, trop à gérer, la fatigue s'accumule, impossible d'en rajouter encore. Petit à petit j'ai l'impression de redevenir celle que j'étais, avant... avant N/nous, mon train-train quotidien, un ressenti différent lorsque je m'agenouille à ses pieds et qui me perturbe. Je me sentais si pleinement soumise au plus profond de moi, c'était inscrit en moi, je le ressentais dans chaque parcelle de mon corps et de mon cœur. Je ne ressens plus cette même intensité, cette bulle où tout s'arrête et où plus rien n'existe en dehors de notre lien, ce feu qui nous animait, une passion ardente où son désir m'embrasait et me faisait perdre la raison. L'espacement des séances (les vacances scolaires n'aident pas) y est aussi pour beaucoup.

Je n'arrive pas à trouver les mots pour en parler. De son côté le doute n'existe pas, alors préfère-t-il peut-être ne pas écouter ces moments où j'essaie de lui faire comprendre ce qui se passe en moi car tout cela lui parait injustifié. Je me pose trop de questions, je cogite trop.

Il est vrai que malgré tout lorsqu'Il revient, je retrouve ma place avec aisance, l'inquiétude disparaît, je suis à Lui mais ça ne dure jamais assez longtemps pour me faire retrouver pleinement ma place. J'en viens à me demander ce que je suis. Je repense à ce moment où, agenouillée à ses pieds, je Lui ai demandé de faire de moi son esclave, c'était il y a presque un an, un moment d'émotion intense difficilement explicable, d'une beauté exceptionnelle, bercé de rires et de larmes. Notre connexion était si forte.

La liberté dans laquelle je me complais par moment (faire des choses sans avoir à demander...), génère également beaucoup de stress en moi, tout est tellement plus facile quand il est là. Mais je ne peux attendre ses consignes, le sport  par exemple que je faisais à sa demande est devenu personnel et n'a plus la même saveur, je le fais pour prendre soin de moi plutôt que pour lui plaire ou pour qu'il soit fier de mon obéissance. Je le sens plus loin.

Mon humeur est aussi changeante que le temps, l'enthousiasme laisse place à la tristesse, et inversement, sans arriver à atteindre ce douillet petit nuage que j'aimais tant.

Durant ces vacances nous avons franchi une nouvelle étape. Les lecteurs réguliers de mon blog s'en souviendront peut-être. Maître souhaite nous offrir une nouvelle vie et a travaillé beaucoup l'année dernière pour permettre la réalisation de ce projet. Une vie où nous serions nous, une vie de Maître/esclave plus intense. Il m'a fait rêver, m'a rendue impatiente de voir cette vie se réaliser.

C’est un long projet qui se construit, se réfléchit... car il engendre bon nombres de changements. Nous avons franchi une première étape il y a quelques mois au niveau professionnel.

Cette vie est devenu un but, un graal à atteindre pour lui pour être pleinement nous. Cependant il s'y projette tellement que j'ai l'impression qu'il a oublié que notre lien n'avait pas besoin de ça pour exister, comment faisions-nous avant ?
J'ai toujours vécu les choses au jour le jour dans notre relation depuis l'arrivée de ce lien particulier, parfois trépignant d'impatience à vouloir tout, tout de suite à nos débuts, patiente la plupart du temps, j'ai avancé sans savoir ce que nous serons dans les semaines, les mois, les années à venir, savourant juste l'instant présent (chose exceptionnelle pour moi qui vivais jusqu'alors souvent dans le passé ou le futur). Et il vivait notre vie de la même façon.
Il est désormais tourné vers ce futur, cet après, oubliant peut-être de vivre également l'instant présent. Je partage cette envie d'une nouvelle vie mais je ne peux pas attendre, j'ai besoin de vivre, maintenant, tout de suite car j'ai peur que lorsque nous arriverons à la concrétisation de ce beau projet mon âme de soumise se soit perdue. M'appeler esclave, me tirer par le cou, me faire m'agenouiller ne suffit pas à faire ressentir une condition. J'ai l'impression de vivre notre vie vanille, version bdsm, où une routine s'installe. Je ne demande pas à vivre sans cesse des découvertes (même si j'en suis très friande) mais je veux sentir toute la puissance de notre lien. Peu importe que ça soit en 24/7 ou non, je veux savoir ce que vivons. J'ai besoin de savoir où nous allons pour m'assurer que nos rêves sont les mêmes tout en continuant à vivre comme le faisions avant.

Nous avons franchi une nouvelle étape durant ces vacances, une semaine à sillonner les routes en famille pour trouver l'endroit où nous aimerions nous installer. Le matin du départ, Il avait mis le jean de séance et s'était parfumé (il ne se parfume que lors de nos séances), ça ne semble pas grand-chose et pourtant ça avait pour moi énormément de sens. Nous allions ensemble à la recherche de notre nouvelle vie. Nous nous sommes arrêtés lors de ce long trajet sur une aire d'autoroute. Maître m'a demandé de m'agenouiller à ses pieds, j'ai retrouvé ce moment où le cœur palpite, un peu gênée aussi car l'aire était fréquentée à l'heure du déjeuner, gêne que je ne ressentais absolument plus, je n'étais que fierté et ce ressenti me donne l'impression de retourner en arrière. Lorsqu'il s’est levé, je me suis levée à mon tour pour le suivre et après quelques pas il s'est retourné en me disant "Qui t'a donné l'autorisation de te lever ? Retourne à ta place". Je suis donc retournée, seule, m'agenouiller, à la vue des personnes se reposant sur les bancs. Je ne sais pas ce qui m'a le plus troublée, le fait de me relever sans autorisation comme une novice ou d'être simplement installée là, aux yeux des "autres". J'agis toujours en faisant passer ses demandes avec l'environnement extérieur mais pourquoi y fais-je de nouveau attention ? Quoiqu'il en soit j'ai aimé Le retrouver.

Durant cette semaine, nous avons fait escale une nuit dans un hôtel où il y avait un digicode pour accéder à la chambre. Alors que lisais cette série de six chiffres à noter j'ai entendu "Numéro ?", je savais que c'était mon numéro d'esclave qu'Il voulait entendre et là, prise de panique, j'ai été pour la première fois dans l'incapacité de le retrouver. Comment ai-je pu l'oublier ? Ce numéro ! La marque de mon appartenance ! Même s'il m'arrive d'avoir l'impression de l'oublier, il est toujours revenu sans aucune hésitation lorsqu'il me le demandait... sauf ce jour-là, devant cette porte, trou noir, les chiffres se sont emmêlés dans ma tête sans jamais se replacer dans le bon ordre. Coup de massue... incertitudes qui reviennent comme une preuve irréfutable, je ne suis plus esclave. Jamais je n'aurai dû oublier.

Me voilà, à nouveau perdue dans mes pensées. Je me demande si cette vie promise et vers laquelle nous nous dirigeons existe, existera au sens où Il me l'avait fait entendre... L'avons-nous imaginée de la même façon ? Ai-je trop rêvé ?
Et si ce rêve est partagé, ma soumission sera-t-elle encore intacte en dépit d'un quotidien qui nous laisse trop peu de temps libre pour vivre notre relation ?


samedi 7 avril 2018

Découverte des jeux de sang



C'était un vendredi, comme tant d'autres, elle espérait néanmoins que son Maître profiterait de ce rare jour où la maison leur appartenait pour quelques heures pour lui offrir une séance. La dernière datait de quelques jours mais les préoccupations du quotidien semblaient allonger le temps. Avec un plaisir non dissimulé elle lu le mail de son Maître lui indiquant que ce soir il l'utiliserait pour se vider la tête. Une heure , une tenue... Elle retrouva ce petit stress de la préparation qu'elle affectionnait tant, elle se mit à sa place, retrouvant ainsi la sérénité qui lui manquait, loin d'imaginer ce que la séance leur réservait.

 Il était environ seize heures lorsqu'elle reçut l'ordre d'aller mettre son jouet, le lovense que son Maître lui avait offert. Ils n'avaient pas encore eu l'occasion de le tester, à distance. Elle prit place sur le lit et déposa une goutte de lubrifiant pour rendre l'insertion plus facile puis en informa son Maître. Elle se connecta à cette petite appli qui permit à son Maître de prendre la main sur son jouet. Elle attendit les vibrations, pestant contre ce jouet qui s’est une fois de plus arrêté. Doucement, l'objet se mit à vibrer. Ça ne lui procurait pas encore de plaisir mais elle aimait cette sensation. Elle le sentait près d'elle malgré la centaine de kilomètres qui les séparaient. Elle l'imagina, assis derrière son bureau, le portable posé près de lui, choisissant le rythme des vibrations qu'Il lui envoyait. Peut être que cela l'excitait, lui aussi, peut-être pensait-il à elle, à ses réactions, à son agacement lorsqu'Il choisissait rythme trop lent, à son plaisir lorsque les ondulations s'accentuaient, ou encore sa frustration lorsque le rythme ralentissait ou s'arrêtait. Nul doute qu'elle aurait aimé en prendre le contrôle à certains moments mais jamais elle ne l'aurait fait. Parfois il n'y avait plus rien, pendant des dizaines de minutes, ils devaient faire face aux aléas du réseau mobile. Elle prit la route. Sa vie était aussi celle d'une maman. Il connaissait les horaires de la sortie des classes, peut-être pensait elle qu'Il allait lui demander de l'enlever mais Il lui avait juste écrit que cela ne l’empêcherait pas de conduire. L'objet semblait éteint, ça faisait longtemps qu'il ne bougeait plus, puis lorsqu'elle se mit à marcher en direction de l'école, les vibrations reprirent, elle ne put s'empêcher de sourire toute seule, c'était si particulier de le sentir bouger en elle à côté de ces parents à côté desquels elle gardait tout son sérieux.

Elle rejoint la maison, seule, bien avant Son arrivée, lui laissant le temps de se doucher, les yeux sur l'horloge. Elle ne savait pas s'il la sanctionnerait si elle n'était pas prête à l'heure, cette incertitude la déroutait, elle aurait aimé en être sûre, mais elle gagna tout de même sa place à l'heure indiquée. Il faisait encore jour, elle avait hésité à fermer le volet et allumer quelques bougies mais elle décida de laisser les rayons de soleil, si rares, illuminer la chambre. Elle mis en route la playlist tel qu'Il l'avait demandé. Elle connaissait l'importance du choix de la musique, sa capacité à les associer à des émotions, à les faire naître, à les intensifier, son plaisir à les écouter même en dehors des séances pour les retrouver ou simplement se ressourcer. En trois ans ils n'avaient eu que trois playlist, associées chacune à une étape de leur relation, des musiques plutôt douces à leur début, une seconde où elle retrouvait un rythme qui la mettait en condition ou était associée au fouet qu’elle avait offert à son Maître, une troisième en souvenir de ce premier partage à quatre qu'ils avaient eu, elle l'avait écouté, des mois durant. Ce soir, elle lui ferait écouter de nouveaux morceaux qui marqueraient sans doute une nouvelle étape dans leur vie.



Elle prit place à genoux, vêtue d'une petite nuisette rouge et d'un bandeau sur les yeux. Puis elle se dit que ça n'était pas ainsi qu'elle voulait accueillir son Maître. Elle voulait qu'il comprenne la place qu'Il avait pour elle. Ainsi, elle tendit les bras devant d'elle et posa le front contre le sol. Son Maître apprécierait sans doute de la découvrir ainsi, prosternée à Ses pieds.

Elle se sentait bien. Sa place était là. Malgré ses doutes parfois, les incompréhensions, un sens moral qui lui faisait encore trop souvent se demander s'il était bien de vivre ainsi. Oui, elle aimait ça et à cet instant, en sa présence, elle ne pouvait en douter.

Il lui prit la main pour qu'elle se mette à genoux, elle savait ce qu'elle avait à faire, elle y déposa un doux baiser. Elle aimait ce moment, où l'esclave salue son Maître. Ça n'avait rien d’humiliant, il n'était pas question de hiérarchie, le respect était là, des deux côtés. A ce moment  il se passait quelque chose d'inexplicable entre un Maître et une soumise.

Après avoir refermé à l'arrière de la nuque il lui demanda si elle se souvenait de ses mots d'alerte. Elle en fut surprise, cela faisait bien longtemps que cela ne faisait plus partie du rituel. Elle eu cette pensée de Lui dire qu'elle n'en avait pas besoin, que de toute façon elle irait là où Il voulait l'emmener, mais énuméra simplement son code couleur avec la signification en lui demandant si Il pensait qu'elle devrait l'utiliser ?

Debout, les bras maintenus tendus au dessus de la tête à l'aide chaînette passée dans l'anneau de ses bracelets de contrainte, reliée à un crochet, Il la dévêtit. Son Maître pourrait ainsi disposer de son corps et en faire ce que bon lui semble. Le jute vint s’enlacer sur sa peau, elle ne voyait rien mais imaginait très bien le bondage de la poitrine que son Maître lui faisait.

Il échauffa ensuite ses fesses à l'aide de la badine. Un rythme rapide très léger ponctué de coups plus marqués. Trop légers pour la préparer. Il ne ralentit pas le rythme mais accentua la puissance, c'était bien plus vif, le rythme n'était pas celui qu'elle connaissait, les coups marqués s'enchaînaient la faisant crier et se dandiner pour se dérober. Elle repris toujours sa place. Parfois la main de Son Maître passait sur ses fesses échauffées. Le paddle remplaçait parfois la badine, ça claquait plus mais il était bien plus large et malgré le bruit qu'il faisait il était plus facile à supporter. Son Maître s'amusait parfois à la frapper avec le côté fourrure, elle en souriait, tous deux savaient qu'il s'agissait dans ce cas plus d'une caresse.
Son Maître finit par la détacher, elle prit place à quatre place les genoux sur le bord du lit, lui faisant goûter encore et encore à la puissance de la badine. Il lui dit de penser aux marques qu'elle garderait sur les fesses et rien que pour ça ça valait le coût de souffrir. Il connaissait mieux que quiconque la satisfaction qu'elle avait dans cet après où le reflet du miroir ou la douleur pour s'asseoir lui rappelait à quel point elle Lui appartenait.

Il la fit reprendre place sous le crochet. Un tissu humide vint désinfecter ses omoplates. Elle devina sans mal ce qui allait suivre, c'était la première fois qu'il la piquerait debout. Une première aiguille transperça sa peau, sans douleur, elle aimait ressentir le pincement de sa peau, puis une seconde la fit crier. Il en plaça trois de chaque côté puis quelques unes de chaque côté de son dos jusqu'à la naissance de ses fesses. Les deux dernières furent plus douloureuses. Ses fesses étaient non seulement très sensibles mais Son Maître avait également choisi des aiguilles d'un diamètre supérieur.

Il plaça ensuite un ruban de satin. Elle le sentait appliqué, attentif, absorbé. Elle aimé ça. Jamais elle n'aurait trouvé le temps long. Elle aimait ce moment où Il prenait du temps pour s'occuper d'elle. Son corps était désormais paré de juste, de satin entrelacé et d'aiguilles.

Il n'en avait pour autant pas fini avec elle. Il lui piqua les fesses à de nombreuses reprises avec une aiguille pour faire perler le sang. Elle se demanda comment une simple tête d'aiguille pouvait faire aussi mal, elle cria puis elle accepta la douleur, ça n'était pas si terrible, elle pouvait le supporter. Des dizaines de petits piqûres. Elle imaginait son fessier avec quelques gouttes de sang. Sur l'instant elle avait elle aussi envie de ce moment.

Le sang n'était pas une limite pour elle, toutefois il s'agissait d'une vraie difficulté. Depuis petite elle ne supportait pas la vue du sang, elle redoutait les hôpitaux, se sentait mal lorsqu quelqu'un se blessait, adolescente même ses règles l'avaient déjà fait tomber plus d'une fois dans les pommes.

Son Maître pressa ses fesses puis tapa avec la badine sur son cul ensanglanté, une goutte tomba sur son mollet. Peut-être cela a-t-il suffit à la faire paniquer. Elle se sentit soudainement un peu mal et en informa son Maître lui demandant s'Il pouvait la détacher. Il accepta en lui demanda si ça allait. C'était une mesure de précautions, elle-même pensait qu'elle allait pouvoir se contrôler. Mais dans les secondes qui suivirent, elle se retrouva, les genoux au sol, la poitrine appuyée contre le matelas prise de nausées, une envie de vomir, de se laisser partir. Il lui fallait de l'air. Elle s'allongea, à même le sol, sentant les aiguilles dans son dos, les mains attachées dans les bracelets de contrainte, la tête posée sur un oreiller devant la porte fenêtre ouverte donnant sur la rue. Il n'y avait rien à faire, ça n'était pas grave en soi, il fallait juste attendre que ça passe. Elle s'en voulait d'être si sensible, d'avoir gâché le plaisir de son Maître qui avait envie de jouer avec le sang et la badine.

Une fois passé, elle se releva, et pris place debout contre le mur demanda à son Maître de reprendre là où il s'était arrêté. Mais Il refusa, en disant qu'ils allaient déjà aller plus loin et qu'Il avait déjà pris son plaisir. Elle aurait voulu lui offrir ce moment, elle avait peur qu'Il n'ose pas y revenir de sitôt mais IL avait raison car déjà un deuxième malaise la reprenait et elle retourna s'allonger sur le sol.

Ils se souviendraient probablement longtemps de cette découverte des jeux de sang.

jeudi 5 avril 2018

Marquée au fer d'Eva Delambre et réflexion personnelle



J'ai refermé hier le livre "Marquée au fer" d'Eva Delambre. Je ne sais pas s'il faut encore présenter cette écrivaine, une de mes préférées, spécialisée dans les romans bdsm. J'ai lu tous ses livres, chacun m'a apporté quelque chose. Eva a ce don de mettre des mots sur ce qui est difficilement explicable et sublime merveilleusement ce lien si particulier entre un Maître et Sa soumise. Sa plume me parle, probablement parce que je me retrouve un peu dans les personnages, les ressentis, les questionnements aussi. Ses mots me font sourire parfois lorsque je retrouve certaines questions que je me suis posées, m'émeuvent, me font grimacer, me révoltent ou  me permettent de m'interroger. Une chose est sûre, ils ne laissent pas indifférent.

J'ai lu L'esclave (mon préféré) alors que je n'étais que soumise novice. Je l'ai trouvé particulièrement dur, trop dur pourtant je n'ai pu m'empêcher de le glisser entre les mains de mon Maître. Quand j'y repense je me dis souvent que ma lecture serait différente aujourd'hui car nous avons évolué, les limites ne sont plus les mêmes, les envies changent... L'envol de l'Ange m'a quant à lui émue aux larmes (très émotive, oui ça m'arrive mais rarement avec un livre). Bien qu'ayant moins apprécié Devenir sienne car nous avons chacune notre sensibilité, j'étais impatiente de découvrir Marquée au fer où l'on retrouve les personnages de Hantz et Laura. Eva prévient son lectorat dès les premières pages, nous irons dans le SM sans restriction. Je dois avouer que personnellement ça n'a fait qu'aiguiser mon impatience à en découvrir davantage.

Pourtant, j'ai eu du mal à accrocher. J'ai retrouvé ce que j'avais moins apprécié dans Devenir sienne, un enchaînement trop rapide de scènes, trop de personnages... j'ai donc fini par le délaisser. Il m'a fallu plus d'une demi-année pour m'y remettre, pensant qu'il serait tout de même bon de le terminer.

Il est arrivé au bon moment. Ma lecture fut différente. Au fil des pages il m'a rappelé ce sentiment profond de l'appartenance. Celui que je ressentais si fortement à chaque instant au plus profond de moi. De doux souvenirs lorsque je m'agenouillais par exemple aux pieds de mon Maître avec ce petit mélange de peur, de stress, d'excitation, de fierté et d'interrogation sur le "qu'en dira-t-on" lorsque nous étions en public. Certaines choses sont devenues si naturelles entre nous que des émotions que je chérissais se sont limées au fil du temps. En lisant ce livre j'ai compris que c'était simplement "normal", ça n'enlève rien à l'intensité de la relation, c'est simplement différent.

Ce roman est comme l'avais promis l'auteur, dur. Les personnages vont très loin et Eva m'a emmenée dans une découverte de sensations encore inconnues. On pourrait parfois se dire que c'est "trop" mais de quel droit le ferait-on ? Cette histoire est celle de Laura et Hantz et ne regarde qu'eux. N'oublions pas qu'avant tout chaque relation M/s est basée sur un principe fondamental, le consentement. Et au travers de cette relation qui leur est propre on ressent à chaque instant un épanouissement mutuel. La magie du lien, pratiques extrêmes ou non. Je dois être une indécrottable fleur bleue car même dans ce SM parfois déroutant, je suis troublée par la beauté des sentiments. Point de "je t'aime" mais des attitudes et des gestes qui ne peuvent laisser insensible.

Bien entendu cela reste un livre,une fiction, chacun étant libre d'en faire son analyse. Ça n’est pas un mode d'emploi, un exemple à suivre édictant des règles pour être une bonne soumise. Cette histoire est propre à Laura et Hantz.

J'aurais, personnellement beaucoup de mal à accepter l'usage sexuel d'une autre soumise en étant de côté car nous vivons au-delà de notre relation Maître/esclave une relation d'amour depuis de nombreuses années.

J'ai fini par m'attacher à Laura. Elle ne demande rien, n'attend pas de reconnaissance ou d'admiration, elle ne cherche à plaire à personne si ce n’est à son Maître qu'elle veut servir à la perfection. Elle vit juste ce qu'elle est.

Quant à Hantz, c’est un personnage troublant qui m'a fait grogner plus d'une fois. Pourtant je ne peux nier que j'ai aimé son charisme et sa sévérité.


Entre fantasme et réalité

Une occasion supplémentaire de prendre conscience de l’ambiguïté de mes sentiments au sein non plus de ce roman mais de notre propre vie.

Étant mari et femme, je ne peux imaginer vivre sans tendresse et mots doux, je les aime autant que Ses termes crus et ces moments où Maître semble ne plus se soucier de moi et me pousse dans mes retranchements.

Il m'arrive d'imaginer une vie, cette vie dont nous parlons depuis un moment déjà et sur laquelle nous travaillons où Maître me fera vivre ma condition d'esclave plus profondément encore. Une envie, commune, d'aller plus loin, d'être plus à Lui et de Le suivre. Une soif, oserai-je dire une impatience, de découverte, de ressentir plus pleinement encore ma condition et parcourir ensemble le chemin qu'Il nous tracera.

C'est curieux mais bien que je ne me sente aujourd'hui physiquement ou mentalement pas prête à aller aussi loin que dans ce roman, c’est quelque chose qui me fait fantasmer, qui m'attire,  je m'y retrouve d'une certaine manière. La rigidité,le contrôle total du Maître me plaît, tout comme l'abandon de la soumise.

J'ai cependant encore peur de franchir ce pas de trop où nous serons emportés dans une relation nouvelle, et où peut-être les envies de tendresse se raréfieront... au risque un jour de les regretter sans pouvoir faire machine arrière.

mercredi 21 mars 2018

La quête du "parfait"...


Des mots qui me restent en tête, une besoin d'expliquer, de définir pour mieux comprendre.

La perfection, voilà ce dont il s'agit.

Un idéal, un leurre, une quête de l'impossible... personne n'est parfait, je le sais. D'ailleurs qu'est ce que cela voudrait dire ? Parfait suivant quelle norme, quel code, qui serait en mesure d'en juger ?

Je fais partie de ces personnes que l'on dit perfectionniste, je m'attache aux détails, au millimètre dans mon travail, à tout un tas de petite choses "inutiles".  Ça ne fait pas de moi une femme parfaite, ça ne m'empêche pas non plus de commettre des fautes, loin de là, ça fait de moi une femme exigeante et critique envers moi-même à tous niveaux et ayant du mal avec l'échec.

Je changerai bien des choses chez moi, je ne suis pas celle que j'aurais aimé être, j'aurais aimé avoir un truc en plus, une facilité, un talent particulier mais je n'ai rien de tel.

A défaut d'être une soumise parfaite, j'ai longtemps cru que je pourrai devenir au moins Sa soumise, Son esclave telle qu'il la rêve. Souhaitant être celle qui lui apporte tout ce dont Il a envie, tout ce qui Lui plait. Je ne peux d'ailleurs pas m'empêcher de penser que c'est peut-être possible car je suis ainsi, je veux toujours apprendre, m'améliorer pour mieux Le servir, Le rendre fier et mériter ce statut qu'Il a bien voulu me donner.

Je m'égare car ça n’est pas de moi dont je veux parler mais de Lui.

Ses paroles m'ont fait mal lorsque je les ai lues "je ne serai jamais l'homme parfait dont tu rêves".

Grand sentiment de tristesse, d'incompréhension aussi. Pourquoi ? C’est comme s'il me prenait un bout de ma vie, comme s'Il se mettait en situation d'échec cherchant à répondre à mes envies. Il sait ce qu'il représente pour moi, à quel point je suis souvent en admiration devant lui et ce depuis toujours.

Oui, je suis une grande rêveuse aussi, la vie n’est pas toujours facile, il me suffit parfois cependant d'une petite attention de sa part pour m'emmener sur un nuage et d'une petite chose aussi pour m'écraser le nez sur terre. Excessive, trop émotive.

Ma vie gravite autour de lui, un poids peut-être à porter...

Mais ça n’est pas la perfection que je cherche, c'est le respect de certaines valeurs, pas toutes, nous sommes différents, avec des idées différentes, mais certaines me paraissent essentielles au sein de notre couple.

Je n'ai pas l'impression de demander l'impossible, j’aimerais qu'il s'offre à moi comme je m'offre à lui, c’est peut-être là où je deviens exigeante sans m'en rendre compte, c'est d'une telle évidence pour moi.

Peut-être n'en a t-il plus conscience mais c'est lui qui m'a fait changer, il ne s'agit pas des changements dus à notre nouveau mode de vie.

Au tout début de notre vie vanille, il m'a appris la culpabilité, j'ai vécu de nombreuses années en me sentant coupable, coupable au point de ne rien pouvoir lui cacher comme si j'avais commis une faute grave, ce qui n'était pas le cas mais je n'avais pas le recul pour le comprendre. La peur d'avoir gâché un amour à peine commencé. Il m'a fait ressentir l'obligation de tout lui raconter, il ne m'en demandait certainement pas tant mais ce jour là un changement s'est opéré en moi. Choses parfaitement anodines ou non, blabla quotidien, je suis devenue transparente, il sait ce que je fais, ce que je lis, ce que je regarde, je lui ai ouvert mon jardin secret, mes pensées intimes. La jalousie, dans ces conditions, est forcément inexistante, je me suis mis des œillères, n'osant même pas croiser un regard... Les seules parts de "mystère" sont les quelques secrets que l'on me confie où je respecte la confiance qu'on me donne. Je n'en souffre pas, c'est ainsi, je n'arriverai plus à me changer.

Mon défaut est t’attendre la même chose que ce qu'il a ancré si profondément en moi.

Il est l'homme de ma vie, je sais au plus profond de mon cœur qu'aucun autre ne pourrait m'apporter de plus grand bonheur. Il est l'homme que je n'aurais jamais imaginé rencontrer, celui qui m'a fait comprendre ce que c'était d'aimer, celui avec qui je prends plaisir à avancer, celui qui donne un sens à mon existence.

Alors pour répondre à ses mots, il me faut définir cet homme parfait dont je rêve, cet impossible à atteindre selon Lui. Un homme prévenant, à l'écoute, de petites attentions, des discussions, la liberté de pouvoir tout se dire et tout partager en toute transparence, pas de tabou, raconter sans avoir à poser de questions, du partage, des câlins, du désir, des émotions, de la sincérité, de la confiance... faire sentir que nous sommes ensemble parce que nous nous sommes trouvés et que l'autre est toujours aussi précieux à nos yeux... au final ma quête impossible de la perfection n'est que le reflet de ma vision de l'Amour, je ne demande rien de plus. Cette description pourrait être la sienne, il y a si peu à améliorer. En attendant je continuerai de rêver car je suis ainsi.

Suis-je trop exigeante, Maître ?

Les choses que l'on croit simples sont parfois si compliquées.


vendredi 2 mars 2018

Amitié, complicité, sincérité... des souvenirs plein la tête.


Vendredi dernier nous avons pris la route pour participer à un grand événement dans la vie de nos amis Maître Elendil et Elerinna, un week-end où se mêleront personnes vanilles ou vivant de manière moins conventionnelle. Nous avons été très touchés par leur invitation, il était évident que nous allions tout faire pour y aller, impatients de les retrouver, de découvrir leur petit coin de paradis. Je me surprends encore de la puissance de notre lien, nous ne sommes rencontrés en "vrai" qu'une fois, lors de notre première soirée il y a près d'un an et pourtant notre attachement pour eux est très fort et profond.

J'ai stressé toute la semaine avant notre départ, l'organisation, la peur de ne pas être en forme lors de ce week-end... Je savais que nous allions rencontrer un couple Maître/kajira, Maître C. et T. que nous ne connaissons que via les réseaux sociaux mais pour qui nous avons un grand respect. Des tas de questions en tête, comment vais-je saluer ces Maîtres dans ce contexte où des personnes de tous horizons sont mélangés, en présence de nos enfants... est ce que je vais savoir me tenir (Maître ne m'avait donné aucune indication avant et m'avait dit qu'il faudrait me laisser porter) ? Vais-je être la hauteur ? Et s'il se passe quelque chose vais-je réussir à me laisser aller ou être bloquée dans la douleur ? Ma "résistance" me préoccupe.

A notre arrivée nos amis nous ont accueilli à bras ouverts, une gentillesse incroyable... nous saluons les autres invités, la majorité complètement étrangers à notre monde me présentant à la fois comme Anaëlle et avec mon vrai prénom (que je n'aurais finalement jamais entendu durant durant le week-end). Ce moment me paraît surréaliste, j'observe mon amie Elerinna, pétillante, portant un collier de chaîne et wahouuu personne ne fait de remarque, elle est elle, simplement , acceptée pour ce qu'elle est, pour ceux qu'ils sont, vivant librement sans non plus s'exposer. C’est la première fois que je vois tant de tolérance et je trouve ça génial. Un peu plus tard Maître C. et sa kajira T. font leur entrée, je n'ai aucun mal à les reconnaître, me voilà à nouveau impressionnée, c’est une chance - vraiment - de les rencontrer. Je ne sais pas comment saluer Maître C., je ne peux pas me mettre à genoux, je n'ose pas l'embrasser, j'ai bien trop peur de mal agir et de me prendre une remarque mais c’est lui qui s'avance vers moi pour me faire la bise vu le contexte et intérieurement je l'en remercie. T. me met rapidement à l'aise, elle est souriante, très douce, posée et nous papotons.

La soirée se passe à merveille, les visages se fatiguent et vue l'heure je me dis que nous allons tous aller coucher et qu'il se ne se passera rien de plus ce soir. Nous nous retrouvons tous les six, Elerinna est agenouillée près de son Maître, Maître m'invite à me placer à ses côtés également, et T. arrive toute pétillante et complètement nue. Les Maîtres ne tardent pas à réagir et nous demandent de nous déshabiller à notre tour. Je suis un peu gênée, le seul moment privé que nous avons partagé était avec os amis Amazone et Maître Alpha, nous nous connaissions déjà, la situation est nouvelle. J'obéis à la demande de Maître en ne gardant que mes bas. Vous ai-je déjà dit que j'étais extrêmement pudique avant ? Moi aussi, je m'étonne un peu.

Rapidement j'entends des cris autour de moi, Maître m'a demandé de me placer sur le bord du lit, buste contre le matelas tandis que mes genoux sont sur le sol. J'aimerais relever la tête et regarder ce qui se passe autour de moi mais je n'ose pas trop le faire, je ne sais pas si j'en ai le droit, alors j'écoute, me laisse porter par les cris et les rires et de temps à autre je lève la tête. Un couteau qui entaille la peau d'une sœur puis un impressionnant paddle à clous fait gicler son sang, une autre qui résiste aux nombreux coups de martinet donné avec force ou se donne elle-même des coups à la demande de son Maître, je suis admirative.
Maître commence doucement par le martinet puis sort son fouet, je grelotte, de froid, d'émotion, d’intensité ? Je ne sais pas, j'ai la joue contre les draps et je sens la lanière me piquer la peau. Bien qu'il n'y a ait pas eu de longue préparation pour me mettre en condition, je retrouve cet état que j'affectionne tant où je ne braque pas dans la douleur mais où je l'apprécie. J'ai du mal à retrouver ça chez nous, bien souvent mon esprit finit par se focaliser sur la douleur et à ce moment elle a tendance à m'envahir. Ce soir j'ai l'impression d'être ailleurs, c’est probablement plus qu'une impression et j'ai aujourd'hui du mal à me souvenir de tout. Maître demande de me lever, il me fouette l'avant du corps tandis que Maître C. s'occupe de mon dos, je mesure la chance que j'ai, honorée d'être ainsi fouettée par plusieurs Maîtres, je ne suis plus que sensation, complétement déconnectée, je tombe assise sur le matelas, mes mains se resserrent au dessus de ma tête, je ne pense plus, j'ai des fourmillements dans tout le corps, de la tête au pied, c’est indescriptible, j'aime tant cet état, plus rien n'existe, une envie d'encore, que ça ne cesse jamais. Les Maîtres s'arrêtent. Je regarde ma soeur, T., se faire gifler, impressionnée par la puissance du geste et la façon dont elle s'offre à son Maître. Des jeux d'aiguilles ensuite, encore une fois, j'en reste bouche bée, les autres Maîtres s'y mettent s'occupant chacune de leur esclave/kajira, un moment de communion où je saisis le bras d'Elerinna, je sais à quel point elle déteste ça, la main de T. prend ensuite la mienne quand Maître me place des aiguilles à la naissance des lèvres, je suis très touchée par ce geste, je trouve ça si beau...

Les jours suivants, la maison se vide peu à peu, il ne reste plus que nous. Les Maîtres quittent la maison et Maître en partant nous dit de ne pas être sages en leur absence. Je suis surprise, j'ignore ce que cela veut dire. Je vais me changer pour être "présentable" tout en me demandant ce qui va se passer, je ne sais pas, c’est le flou absolu, je ne me suis jamais retrouvée seule sans Maître mais je rejoins ma belle Elerinna. Nous discutons un moment, je sais que je n'oserai pas aller vers elle. Elle me demande si je souhaite voir tout leur matériel et bien sûr j'ai envie de voir, c’est une caverne d'Ali baba, elle me montre toutes sortes d'objets dont des badines, je lui dis que je ne connais pas, nous n'en avons pas. Je ne sais plus si je lui ai dit que je pensais ne pas aimer comme je déteste la cravache ou si au contraire je lu ai dit que ça me donnait envie. Elle me demande si je veux essayer ? Je ne réfléchis pas et accepte volontiers, c’est la toute première fois que je vais vivre cette expérience avec une femme, un fantasme qui me trotte dans la tête depuis longtemps mais je me garde de lui dire. Je me retrouve allongée sur le ventre, la robe relevée, une musique douce envahie la pièce, je sais qu'elle est aux petits soins pour moi. Sa façon de procéder m'est inconnue, de très légers coups répétés sans douleur à un rythme rapide accompagnés de temps à autre d'un coup plus cinglant, sa main si douce qui fait passer la douleur, c'est un mélange incroyable, j'aime beaucoup et me laisse faire avec plaisir les yeux fermés. Nos regards se sont croisés une fois dans ce mélange de douleur et de plaisir, je la trouvais si belle, agenouillée entre mes jambes tandis que je m'offrais totalement à elle, chanceuse de vivre ce moment d'extrême complicité, surprise aussi lorsqu'elle m'a montré la couleur de mes fesses ou les objets utilisés, je ne sais pas où j'étais, transportée sur mon petit nuage.

La veille de notre départ nous avons encore eu un moment à quatre, regardant Maître Elendil encorder avec aisance sa belle kajira, elle est superbe, s'assurant aussi de notre bien être. Elle m'a impressionnée tout le week-end, elle se tient si bien et sert les Maîtres avec une telle aisance.
J'ai commis une maladresse dont je n'ai pas mesuré l'importance mais dans laquelle je me suis enfermée. Sentiment de culpabilité, d'avoir tout fait foirer, de ne pas être à la hauteur, je m'en suis voulue terriblement et me suis repliée sur moi-même ne ressentant ni douleur ni plaisir sous le fouet même si Maître m'a dit que ça n'était pas grave et qu'Il avait compris ma démarche. J'ai du mal à décoller, à sortir de cet état mais si je prends plaisir à observer cette danse de fouet que font les Maîtres tour à tour sur cette belle kajira qui se dandine et gigote.
La séance se termine, je remercie Maître Elendil pour cette séance maladroitement, ayant probablement fermé les yeux à cet instant comme je le fais souvent qui aurait pu être associée à un manque de respect, je suis terriblement honteuse et gênée, je m'en veux énormément.

Mes émotions sont ce qu'elles sont, souvent dans les extrêmes et m'ont fait péter un plomb ce soir là, la fatigue, toutes ces émotions intenses et variées en quelques jours ont certainement contribué à me faire ressentir les choses encore plus intensément. Heureusement ce moment n'a pas duré et c'est en grande partie grâce à toi ma belle, merci d'avoir trouvé les mots justes et de m'avoir réconfortée.

Je n'ai parlé ici que de moments choisis mais nous avons vécu bien plus que ça. Je garde en mémoire chaque moment de ce magnifique week-end, toutes ces émotions, ce partage avec vous et toutes ces belles personnes présentes, la gentillesse incroyable de tout le monde, cette tolérance et acceptation de l'autre pour ce qu'il est, les éclats de rire, la complicité entre Maîtres, le partage entre esclave/kajirae, ces moments précieux qui nous ont énormément émus, le cadeau d'un Maître à un autre, nous sommes très touchés d'avoir votre première badine et Maître en fera sans nul doute bon usage.

Un immense merci à nos amis de nous accueillir ainsi, à Maître C. et T. d'avoir partagé avec nous ces moments, une belle rencontre et l'envie de vous revoir bientôt.

Merci Maître d'avoir permis cette rencontre et de Vous occuper si bien de votre esclave. Un aperçu de la vie dont nous rêvons. Je sais que j'ai encore beaucoup à apprendre mais je sais que Vous m'accompagnerez sur ce chemin.

Mes respects, agenouillée, à vous Maître, Maître Elendil, et Maître C. et de gros bisous, avec la  permission de leur Maître à mes sœurs.

Me voilà à nouveau la tête dans les nuages.

mardi 20 février 2018

Trois ans...


Hier nous fêtions un anniversaire tout particulier en souvenir de ce jour où tout a basculé. Attachée sur la table, à sa disposition, une étincelle s'est éveillée en nous et a allumé cette petite flamme dont il serait aujourd'hui difficile de nous passer. Ça n'était pourtant pas la première fois. Comme beaucoup de couples nous avions depuis longtemps de petits jouets, des menottes (que je n’aimais d'ailleurs pas) cachés dans notre chambre à coucher mais ce jour-là ce fut différent car Il était à sa place et j'étais à la mienne, une révélation. Nous avons découvert son plaisir à me dominer et mon plaisir à Lui obéir. Je n'étais certainement pas un exemple de résistance mais je ressentais au plus profond de moi cette appartenance, un ailleurs où mon plaisir est de Le servir, être contrainte ou encore poser ma tête sur sa cuisse. C'était il y a 3 ans... j'ai tant de mal à réaliser. Le temps est passé si vite à Ses côtés. J'ai encore en tête nos premiers pas dans ce monde duquel nous ne connaissions rien, auquel nous sommes tous deux devenus accros.

Seul un regard en arrière me montre ce temps qui s’est écoulé si vite et le chemin que nous avons parcouru depuis.

La soumise impatiente que j'étais, avide de tout découvrir tout de suite, trépignant parfois de voir les autres avancer, doutant aussi mais nous sommes toujours là. L’expérience nous apprend que ce lien est élastique : les contrariétés, les obligations, notre rôle de parents, le manque de temps... semblent nous éloigner, des périodes que je finis par vivre difficilement mais nous finissons toujours par nous retrouver.

Maître a fait de moi une esclave parfois trop patiente (n'est-ce pas Maître ?), une mission qu'Il pensait pourtant impossible. Mais l'impatience a du bon aussi, elle montre l'envie, le désir, elle permet à la spontanéité de s'exprimer... aussi avons-nous décidé de lui rendre un peu de place.

Je suis heureuse de ce chemin que nous parcourons ensemble en avançant doucement ou en faisant des bonds en avant, toujours sereinement et au rythme que Maître juge bon pour nous.

Jamais nous aurions réalisé une partie de ces choses qu'Il me fait vivre aujourd'hui. Peut-être dirais-je la même chose dans quelques années. Nous prenons le temps de nous construire pour bâtir un édifice solide, avancer ensemble main dans la main et ne pas nous perdre.

En cette journée particulière de nos 3 ans, j'ai passé la journée avec Lui. J'ai donc pris le chemin du travail à ses côtés, Il s'est d'abord arrêté sur un chantier qu'Il devait regarder, j'en ai profité pour voir à quel point les travaux avaient avancé. Marcher avec des bottes, une jupe courte et des bas n'est assurément pas la tenue idéale pour une visite de chantier, Maître m'a pris une petite photo souvenir, mon haut relevé à sa demande pour bien s'assurer que j'avais respecté ses consignes et que je n'avais pas mis de soutien gorge. J'ai attendu, dans la voiture, le temps de sa réunion puis nous sommes passés au bureau. Nous étions seuls ce jour-là.

Je me suis agenouillée, à Sa demande pour qu'Il puisse me remettre Son cadeau. Avant de l'ouvrir Il m'a dit que ça serait une occasion de Le sentir près de moi et qu'Il pourrait me contrôler à distance.

En découvrant la boîte j'étais un peu surprise devant l'étrange forme de l'objet. Je me demandais quelle était son utilité.

Maître m'a demandé de m'asseoir sur la table de réunion jambes écartées après avoir retiré mon shorty pour qu'il m'insère ce drôle d'objet en moi. Il a ensuite sorti son téléphone pour me montrer à quoi il servait, l'objet s’est mis à vibrer, pas n'importe comment, comme Maître le souhaitait, plus ou moins fort mais surtout avec des rythmes très différents, des ondulations qu'il voit apparaître sur son écran et que je ressens, il y a même un mode basé sur le son ambiant et tandis que je riais à la découverte de ces nouvelles sensations les vibrations s'intensifiaient.. Et l'intérêt c'est qu'Il peut contrôler tout ça à très grande distance, même si nous sommes séparés de plusieurs dizaines, centaines de kilomètres et l'objet est, à ce qu'il paraît, très silencieux.

Maître me dit que nous allions tester ça tout de suite en allant déjeuner au restaurant. Je n'étais tout à coup plus aussi sûre, peur qu'il tombe, que ça s'entende... Je dois dire que le trajet fut bien agréable.
A notre arrivée au restaurant, Maître l'avait laissé en marche, difficile de saluer les serveurs en sentant ce jouet bouger en moi. Nous nous sommes installés à table, Maître l'a fait bien vibrer, c'est très perturbant, j'ai eu beaucoup de mal à lire la carte, allez savoir pourquoi.... et quelques minutes à peine plus tard il s’est déconnecté. Maître était extrêmement déçu, Il m'a donc envoyé aux toilettes pour le remettre en marche... impossible de trouver ce fichu bouton que je n'avais pas vu lorsqu'Il l'avait inséré et quand j'ai appuyé dessus rien ne se passait, je regagnais donc la table... Il avait simplement oublié de me dire qu'il fallait laisser le doigt appuyé quelques secondes pour le mettre en marche. Je fus donc bonne pour retourner aux wc après avoir mangé notre plat, non sans traîner les pieds à l'idée d'attirer l'attention sur moi mais Il m'a rappelé qui décidait. Le jouet s’est remis à clignoter pour que Maître puisse s'amuser avec son esclave autant qu'Il le souhaitait. C'est très troublant car seul Lui et mois savions ce qui se passait sous la table tandis que les personnes déjeunaient tranquillement. Je dois dire que je suis assez fan, j'aime beaucoup le contrôle qu'Il a ainsi sur moi. Même si je doute qu'on puisse en jouir, il donne très envie.

A notre retour au bureau, IL a vérifié l'effet que ce nouveau jouet avait sur moi, complètement trempée. Je Lui ai ensuite offert un petit cadeau, un harnais qui se place dans le dos pour immobiliser les bras qu'IL s’est empressé d'essayer. Je me suis agenouillée à ses côtés, quasiment nue, vêtue simplement de mes bottes, mes bas, mon shorty et ce harnais retenant mes bras pendant qu'il regardait son ordinateur. Comme j'étais à sa disposition, je Lui ai demandé d'ouvrir mon sac à main dans lequel se trouvait un petit cadeau symbolique, des pinces à seins avec un grelot qui me semblaient à cet instant tout à fait appropriées.

Maître m'a demandé de me placer devant le bureau pour Lui faire apprécier à quel point j'étais à sa disposition les mains ainsi attachées puis Il m'a envoyé dans le couloir pour faire des allers retours et Lui faire entendre le tintement des grelots avant de me rejoindre pour m'allonger sur la petite table de réunion et me montrer combien cela l'excitait après avoir retiré mon jouet. Il m'a demandé de le suivre pour me baiser à divers endroits dans les locaux de la société, déambulant nus dans le couloir, les bureaux, testant tous ces endroits que se présentaient à Lui. Il marchait d'un pas décidé, assuré, me tirant par le collier autour de mon cou ou serrant ses mains autour de ma nuque. C’est ainsi que je me suis retrouvée nue sur un bureau, store ouvert donnant sur un autre bâtiment, Maître me pilonnant avec vigueur en me disant à quel point j'étais une salope d'aimer ça avant de me retrouver sur cette immense table de réunion, longue de plusieurs mètres qui me fait fantasmer depuis longtemps. Maître m'y a pris dans tous les sens, cul sur le rebord de la table, allongés tous deux sur celle-ci, bottes sur la table..., Il m'a demandé de tenir la fine lanière qui retenait le store ouvert donnant sur cet accès passant où il y a de nombreuses voitures (qui n'ont probablement rien vu) avant de le refermer. Maître était terriblement fougueux, j'étais terriblement à Lui. Pour finir il a marqué mon cul de quelques coups de ceinture et fait claquer sa main sur mes fesses rougies.

Ce fut une journée magnifique où toutes les questions se sont envolées devant l’intensité de ce que nous ressentons lorsque nous sommes tous les deux.

Merci Maître pour cette belle journée, Votre cadeau... et comme je Vous l'ai dit hier je suis prête à revenir quand Vous le voulez bosser au bureau.

lundi 15 janvier 2018

Sanction : réflexion sur la nécessité d'écrire un rapport


Vendredi, Maître m'a offert une séance que je pourrais diviser en 4 parties : shibari esthétique où Maître orné mes bras de cordes, contrainte complément immobilisée sur une chaise à l'aide de cordes et de chaînes où pour la première fois les cordes ont à la fois remplacé le bandeau sur mes yeux et le bâillon, perçage des tétons avec nos nouvelles aiguilles dont le diamètre a presque doublé et service au plaisir de Maître.

Après chaque séance, je dois Lui écrire un rapport, ce que je fais habituellement le soir-même mais pas cette fois, nous en avons un peu parlé de vive voix et j'ai voulu profiter d'une soirée tranquille en famille.
Le lendemain, encore dans mon lit, j'écrivais mon rapport dans ma tête en attendant le réveil de Maître. Oui mais voilà je n'ai pas pris le temps de Lui écrire dans la matinée, prise de conscience en déambulant dans les allées d'un centre commercial l'après-midi réalisant que les 24 h venaient de s'écouler. Maître en était amusé.

La sanction est tombée hier soir, Il souhaite que j'annonce ici ma faute et que j'écrive un article dont le thème est le suivant : Pourquoi dois-je écrire un rapport ? Pourquoi sous 24 h ?

Si la réponse à la première question me parait évidente, il m'a fallu réfléchir à la seconde. Quand Il m'a annoncé cette sanction je ne voyais pas l’intérêt des 24 heures et à vrai dire j'ai pensé que la réponse était simplement "pour avoir l'occasion de me punir".

L’intérêt du rapport :

Le rapport de séance a été mis en place dans notre relation dès le début, il y a près de 3 ans. J'ai donc pris l'habitude de finir ma soirée ou commencer ma matinée derrière mon ordinateur pour Lui écrire un mail sur mes ressentis. Parfois j'essaie de soigner la forme, j'en profite pour relater la séance (ce qui m'oblige à être attentive quand je la vis pour me souvenir du déroulement ce qui a un inconvénient majeur c'est que cela m'empêche de lâcher totalement prise), parfois ce ne sont que des phrases en vrac, sans ordre chronologique mentionnant ce que j'ai aimé lors de cette séance et ce que je n'ai pas (ou moins) aimé, les difficultés ressenties que ça soit au niveau physique ou moral (difficulté de lâcher-prise, ou ressenti suite à un événement particulier, si Maître me pousse plus loin et que c’est difficile, est ce que cela va me marquer négativement ou vais-je garder malgré tout un souvenir positif...).

L'intérêt du rapport est donc de me livrer en toute transparence pour qu’Il puisse savoir précisément comment je vis les choses. Il peut ainsi voir ce qui me plaît/me déplaît, ajuster sa manière de me dominer, ça ne veut pas dire que je prends les commandes mais il est important d'être tous les deux dans la séance et j'ai, pour ma part, souvent du mal à couper avec le quotidien. Maître sait donc qu'il faut créer un cadre (en donnant des consignes, une tenue, une position, une heure...) pour que je me libère de ces pensées. De même au niveau de la douleur, Maître a compris (Il ne le fait pas souvent mais Il le sait) que lorsque je bloque dans la douleur et qu'elle "m'emprisonne" il me faut une pause de quelques secondes pour ne pas me braquer et être complètement bloquée, cela me permet de reprendre ensuite plus sereinement.
Le rapport permet enfin de s'assurer que même s'Il joue avec mes limites je le vis bien. La plupart du temps nous ne parlons pas de ce qu'Il souhaite me faire vivre avant. La journée de son anniversaire a, par exemple, été très éprouvante sur le moment car cela ne ressemblait pas à Maître ni à ce qu'Il me fait vivre habituellement. Alors peut-être penserez-vous qu'il serait dans ce cas plus judicieux d'en parler avant plutôt qu'après au risque de garder des traces. Je pense que Maître mes connaît et Il se base également sur tout ce que je Lui ai écrit, sur tout ce que nous avons vécu précédemment et s'Il me fait faire quelque chose c’est qu'Il pense que j'en ai les capacités. Il ets vrai que malgré la difficulté je retire souvent une très grande satisfaction d'avoir pu aller là où Il voulait m'emmener. Il me rappelle souvent qu'au besoin j'ai des mots d'alerte, une soupape de sécurité, si je pense que c’est trop dur ou néfaste pour moi je peux donc les utiliser.

Reste à savoir pourquoi ce délai de 24 h a été mis en place !

Ma première pensée me paraît aujourd'hui dénuée de sens, Maître n'aime pas me punir, Il ne va pas donc pas mettre un délai exprès pour le faire. J'ai besoin d'un cadre et de règles. Il a donc fixé un délai, je dois le respecter.

J'ai besoin d’intransigeance en cas de manquement à mes "devoirs". Si je n'avais eu aucune sanction, j'aurais probablement pensé que le respect des règles Lui importait peu et dans ce cas tout perd son sens ! Je ne veux pas être une bonne élève qui obéit parce qu'elle respecte à la lettre des règles oubliées, je veux être une bonne esclave c'est à dire celle qui répond aux demandes de son Maître parce qu'elle ressent toute l'importance que ça a pour Lui. C’est grâce à cela que notre relation a un sens, que ça n’est pas un jeu, je ne me soumets pas parce que je veux me soumettre (même si j'aime cette place) mais parce que c'est ainsi qu'Il me veut et ça change tout pour moi.

J'évoquais un peu plus haut la difficulté parfois à retranscrire mes ressentis à l'issue d'une séance, c'est probablement pour cela que Maître a instauré ce délai de 24 h. Plus j'écris le rapport tôt plus mes émotions sont livrées à chaud. Rapidement mes souvenirs s'embrouillent, mon attention se porte sur la trame de la séance plutôt que sur mes émotions.

Je pense avoir répondu aux attentes de Maître en écrivant ce post. Il me punit très rarement et je fais tout pour ne pas l'être. Je l'avoue, bien que n'ayant pas dépassé ce délai volontairement je me demandais s'il y aurait une sanction ou non. J'en doutais... c’est vrai.
Curieuse pensée, j'ai simplement envie de Le remercier. Merci d'être là, de nous permettre d'être nous et de donner un sens à ce que nous vivons.

dimanche 7 janvier 2018

Nouvelle année et résolutions...




Premier post de l'année... l'occasion de vous remercier pour le temps que vous consacrez à la lecture de mon blog, certains le temps d'une escale sur un article, d'autres depuis plusieurs mois, souvent dans l'ombre.

Je vous souhaite à tous, ami(e)s, connaissances, lecteurs et lectrices une très belle année 2018. Qu'elle puisse vous combler de bonheur, vous épargner les soucis et réaliser vos rêves les plus fous.

En souhaitant les vœux à Maître, je Lui ai dit que ce serait notre année. N'avez-vous jamais eu ce sentiment que tout allait changer ? Ça n’est, certes, pas la première fois que j'ai ce sentiment, changement professionnel, déménagement, bouleversant un temps la vie mais cette année sera différente. Nous faisons nos premiers pas vers un nouvel avenir qu'il nous faudra construire, peut-être faudra-t-il attendre une année de plus pour commencer cette nouvelle vie sur laquelle Maître travaille depuis des mois mais nous la construirons ensemble dès cette année, les premières marches ont déjà été franchies.

Maître m'a demandé si j'avais pris des résolutions, il faut dire qu'habituellement c’est plutôt moi qui Lui casse les pieds avec ça. Difficile d'en trouver cette année, ah fichues résolutions souvent impossibles à tenir. Je ne vais donc pas être bien originale puisque je vais en grande partie reprendre celles de l'an passé, si, si, un peu de persévérance pour aller au bout de mes engagements.

J'ai donc décidé de refaire du sport de façon moins aléatoire, le mieux serait certainement de me fixer des créneaux horaires ce qui m'éviterait de penser que j'ai toujours mieux à faire. C’est si facile quand Maître me demande d'en faire car je le fais pour Lui, ça l’est beaucoup moins quand je dois me motiver seule en me disant que c'est bon pour ma santé ou mon fessier. ;-)

Je reprends ce parcours de l’estime de soi, j'ai fait de nets progrès mais pas encore assez. Comme Maître me le disait il y a peu, lorsque je suis Anaëlle, esclave, tout est beaucoup plus simple, je suis fière de Lui appartenir, de marcher à ses côtés, d'être simplement moi. Le point qu'il me faut travailler est donc davantage lié à mes échanges avec le monde vanille.

Ma troisième résolution est simple, je veux vivre, profiter, découvrir, partager, échanger, assister à de folles soirées comme ce fut le cas au printemps des soumises ou lors de notre soirée intime au gîte avec nos amis. Bien entendu, tout cela n’est possible que si Maître le souhaite également. Trouver des solutions pour se libérer davantage de temps pour nous.
Je nous souhaite une année pleine de santé, de folies, de rencontres, de frissons, de rires, d'Amour et l'aboutissement de notre projet de vie.

Bonne année à tous !